EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  maloe31 le Lun 11 Fév - 13:18

Un garçon de 16 ans s'est pendu dans sa cellule à Meyzieu
JUSTICE - Pour la première fois, un adolescent s'est pendu dans un des
établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM). Le premier ouvert en France,
l'an passé. Cela s'est produit samedi matin, à Meyzieu (Rhône). Il avait 16
ans, avait été incarcéré le 17 décembre. Et s'est pendu au système d'aération
de sa cellule. La direction régionale de l'administration pénitentiaire
indique que le garçon avait déjà essayé, une semaine après son arrivée. Il s'était
alors démis l'épaule en tombant dans sa tentative. Le suicide a été caché
tout le week-end aux autres détenus, pour éviter une explosion. Car à
Meyzieu, les incidents se multiplient l'ouverture, et la situation paraît
intenable...

Photo : Sébastien Erome


L'EPM a accueilli ses premiers mineurs le 11 juin 2007. Huit jours plus
tard, une partie des locaux étaient mis à sac, à coups de pieds et
d'extincteur. Certains éducateurs et surveillants estiment que l'arrivée
avait été mal préparée, le «cadre» mal posé. «Nous sommes dans une
expérimentation qui change beaucoup le rapport aux lieux, aux règles, défend
pour sa part Paul Louchouarn, directeur régional adjoint de l'administration
pénitentiaire en Rhône-Alpes. Les EPM présentent des espaces plus ouverts,
moins contenants. Cela peut déstabiliser des mineurs qui ont besoin de
canaliser leur sentiment d'insécurité».

Aberrations.

L'établissement cumule aussi les dysfonctionnements. Surveillants et
éducateurs sont en sous-effectif, et censés travailler en «binôme», ce qui
constitue une «révolution culturelle» délicate lorsqu'une partie des éducs
découvrent le métier. La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) fait
appel à de nombreux jeunes sortant de formation, et à des contractuels. «Il
aurait fallu privilégier une montée en puissance très lente, comme nous l'avions
préconisé, pour apprendre à travailler ensemble et s'adapter aux
dysfonctionnements», estime Alain Dru, secrétaire général de la CGT PJJ. Au
lieu de cela, l'ouverture a été très politique et très médiatique. Il
fallait montrer vite que cela fonctionnait». Et depuis, il faut cacher que
cela fonctionne mal.

Les professionnels n'ont pas été concertés avant la construction. Résultat?:
les aberrations s'accumulent. La psychologue ne dispose d'aucun bureau pour
les entretiens en tête-à-tête. Elle s'installe au gré des salles
disponibles. «Elle va bientôt pouvoir partager un bureau aux services
médicaux», rassure Paul Louchouarn. Les éducateurs, censés préparer la
sortie des mineurs, ne disposent pas de téléphone pour joindre les familles,
les magistrats et les partenaires censés préparer la réinsertion. Pour
appeler, ils allaient jusqu'à présent dans le bureau de la secrétaire de
l'EPM. Une deuxième ligne a été installée dans un bureau à l'écart.

Hiérarchie.

Dans les premiers temps, les mineurs de Meyzieu ont par ailleurs fait face à
une véritable suractivité. Sport, cours, activités culturelles, comme s'il
fallait les occuper en permanence. Des journées interminables et qui
tranchaient très brutalement avec l'inoccupation du quartier, ou de certains
quartiers des mineurs. L'utilisation du temps judiciaire doit aider à
préparer la réinsertion, «mais cela les a privé de l'espace de repli, de
protection, que peut constituer la cellule, explique un éducateur. Ils
étaient constamment en groupe, sous le regard des autres, et cela attisait
aussi les tensions».

Le rythme de ces activités a un peu baissé, mais personnels et mineurs
découvrent souvent le programme au jour le jour. «Où qu'il soit, un gamin a
besoin de savoir le matin ce qu'il fera dans la journée, pointe Jean-Claude
Vaupré, de la CFDT Justice. Il a besoin de rencontrer des adultes et des
règles claires.» La hiérarchie est par ailleurs perçue par beaucoup comme
trop «autoritaire», trop «rigide». Selon un professionnel, «les
surveillants, qui étaient très investis dans les quartiers pour mineurs, se
retrouvent infantilisés, réduits au rôle d'exécutants.» L'inverse de ce que
préconisent les règles pénitentiaires européennes.



Passages à l'acte.

La démobilisation serait forte, et selon les syndicats, les congés maladie
et demandes de mutation en hausse. Paul Louchouarn répond que le taux d'absentéisme
et de congé maladie est «plutôt inférieur à la moyenne régionale». Mais il
concède?: «Je ne peux pas nier qu'il peut y avoir une déception par rapport
aux attentes de personnels qui sont arrivés très motivés.» Certains
surveillants avaient demandé l'EPM pour se rapprocher de Lyon. Tous les
autres parce qu'ils voulaient s'investir autrement auprès d'adolescents.
«Ils se sentaient éducateurs dans les quartiers pour mineurs, leur fonction
s'est considérablement réduite à Meyzieu, observe Jean-Claude Vaupré. Ils se
retrouvent à gérer des repas collectifs ingérables. Nous avons alerté de
façon répétitive. A présent, il est temps de remettre à plat tout le
projet».


La direction régionale relativise les problèmes de violence. Mais un
magistrat parle d'un «mélange explosif», d'une «spirale folle». Une
surveillante a été envoyée à l'hôpital, cette semaine, par deux des jeunes
filles qui viennent de rejoindre l'EPM. «Des mineurs qui ne bronchaient pas
en maison d'arrêt deviennent des caïds à Meyzieu», observe un professionnel.
La plupart des pensionnaires vont mal. Vendredi 25 février, l'un d'eux a mis
le feu à sa cellule, en transformant son tee-shirt en torche pour le jeter
dans la cour. Il multipliait les «comportements à risque». Huit jours plus
tard, il s'est pendu.
avatar
maloe31

Messages : 224
Date d'inscription : 23/01/2008
Age : 37
Localisation : cfpes-cemea d'aubervilliers

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Retour sur la vie de Julien, qui s'est pendu à Meyzieu

Message  maloe31 le Lun 11 Fév - 13:20

Retour sur la vie de Julien, qui s'est pendu en prison à Meyzieu

JUSTICE - On dirait une chambre d’enfant. Un lit bateau en bois, un poster de Charlot au mur, un singe en peluche près de l’oreiller. Julien avait 16 ans. Il s’est pendu samedi 2 février, dans sa cellule de l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu, près de Lyon (Libération de mardi). Il y était incarcéré depuis un mois et demi. Rachida Dati, en visite ce samedi dans cet EPM, a demandé une enquête administrative, pour comprendre les circonstances du drame. Le père de Julien aussi veut comprendre. Pourquoi son fils est mort dans cette prison, pourquoi il est resté incarcéré malgré plusieurs tentatives de suicide...
Julien, 16 ans depuis septembre, est né d’un père qui s’appelait Mohamed mais a changé pour Sébastien, et d’une mère fragile, partie lorsque l’enfant avait huit mois. Elle a voulu le revoir, lorsqu’il avait 9 ans, mais il a refusé, a sauté par la fenêtre le jour où elle est venue. Il vivait chez son père et sa belle-mère, avec ses quatre frères, dans une assez grande maison d’un lotissement de Montélimar. «Il ne parlait pas beaucoup, dit Sébastien, technicien en radio protection dans des centrales nucléaires. Il était moyen à l’école, mais poli, respectueux. Il était gâté à la maison, il ne manquait de rien.» De rien sauf d’une mère.


Tentatives.
Les actes de petite délinquance ont commencé voilà quatre ans, le père datant précisément la rupture. «En cinquième, raconte-t-il, il a fait une bêtise. Il a baissé son pantalon dans la cour. Le collège m’a prévenu.» Et le soir, Sébastien a frappé son fils. Celui-ci s’est plaint le lendemain à l’infirmerie du collège. «Une assistante sociale est venue à la maison, poursuit Sébastien. J’ai été convoqué par un juge pour enfant.» Une mesure d’éducation en milieu ouvert a été décidée et le père s’est senti destitué. «J’avais perdu toute crédibilité, dit-il. Je ne pouvais plus intervenir. Si je me fâchais, il me disait que je n’avais pas le droit.»

Le garçon entame un parcours de petit voyou. Vole un scooter un jour, casse une vitre le lendemain pour piquer un CD, dérobe du linge dans un jardin. Le juge l’envoie chez un psychiatre, mais Julien ne parle pas. «Plus personne n’avait de prise, dit le père. Il faisait n’importe quoi pour se faire remarquer. Je savais que c’était des appels au secours, mais comment l’aider?» Les convocations au commissariat se multiplient, sans conséquence, puis l’addition tombe, à l’automne 2007. Julien, 16 ans depuis septembre, écope de deux mois de prison ferme, le 28 novembre.

Un aménagement de peine est cependant envisagé pour lui éviter l’incarcération. Mais le procureur en décide autrement. Après un incident dans le centre de placement immédiat où se trouve Julien, il l’envoie à l’EPM de Meyzieu. La loi Perben II de mars 2004 autorise le parquet à passer outre l’avis des juges et des éducateurs pour envoyer un mineur en détention, en cas «d’urgence motivée par un risque pour les personnes ou les biens». Alain Fort, l’avocat de la famille, dénonce «l’utilisation croissante de ce texte épouvantable pour contourner les aménagements de peine».

Julien se démet l’épaule au bout de quelques jours. En essayant de se pendre, expliquait lundi la direction interrégionale de l’administration pénitentiaire. L’administration centrale affirme à présent qu’il avait glissé. Elle indique en revanche qu’une tentative a bien eu lieu le 26 décembre. Le père est prévenu par les médecins. Il obtient un premier permis de visite le 5 janvier. «Julien ne supportait pas d’être là-bas», dit-il.

e garçon change quatre fois d’unité de vie. «Les personnels ont bataillé pour essayer de le sauver, affirme l’administration pénitentiaire. Il était dans la transgression absolue, dans la volonté suicidaire maximale.» Un EPM était-il l’endroit idéal, pour un adolescent suicidaire? Dès le 14 janvier, une place est réservée pour Julien dans un centre éducatif renforcé, en Haute-Loire. «Il m’en a parlé la dernière fois que je l’ai vu, raconte le père. C’était le 16janvier. C’était une question de jours, il avait hâte de partir. Pour la première fois, il m’a fait des excuses pour tout ce qui était arrivé. Je suis reparti soulagé.»


«Privé de parloir».
Neuf jours plus tard, Julien est toujours à l’EPM. Il met le feu à ses vêtements et sa cellule prend feu. L’administration pénitentiaire envoie alors une lettre au père pour lui demander s’il a une assurance, et Julien passe devant un juge, qui prend un mandat de dépôtest décidé. Il ne peut plus quitter l’EMP. «Le vendredi qui a suivi, une éducatrice m’a téléphoné, raconte le père. Elle m’a expliqué que Julien était privé de parloir pour une semaine.» L’administration conteste ce point. Le lendemain, un surveillant a découvert l’adolescent à midi, un drap serré autour du cou. Le père a passé son dimanche auprès de lui. «Il semblait dormir, raconte-t-il. Son cœur battait encore, mais son cerveau était mort.» Il a prévenu la mère, qui a pu passer l’après-midi auprès de ce fils qu’elle n’avait jamais revu. Puis lundi, le père a demandé aux médecins de débrancher les appareils qui maintenaient leur fils en vie.
Ol.B.
avatar
maloe31

Messages : 224
Date d'inscription : 23/01/2008
Age : 37
Localisation : cfpes-cemea d'aubervilliers

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  nibal01 le Lun 11 Fév - 13:24

De quoi on se plaint? ça nous fait du taf à nous les éducs.
avatar
nibal01
Admin

Messages : 463
Date d'inscription : 24/10/2007
Age : 28
Localisation : IRTS Aquitaine-Talence

Voir le profil de l'utilisateur http://socialblog.skyrock.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  maloe31 le Lun 11 Fév - 13:28

et bien tout depend de notre conception à chacun du metier, et nos valeurs....perso, je suis absolument contre travailler en EPM.

et oui, ça nous fait peut etre du boulot pour les educs....mais encore une fois ce ne sont pas les educs qui vivent en prison. alors arretons de ne regarder que notre nombril. et reflechissons aux methodes alternatives.....
avatar
maloe31

Messages : 224
Date d'inscription : 23/01/2008
Age : 37
Localisation : cfpes-cemea d'aubervilliers

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  nibal01 le Lun 11 Fév - 14:24

Non mais t'inquiètes, je suis tout à fait d'accord avec toi. Je voulais juste insister sur le fait que dans notre pratique professionnelle nous serons peut être désormais amenés à travailler, bon gré mal gré, dans ce type de "centre". Et comment pourrons nous nous positionner?

Je ne sais pas si vous avez lu l'article du JDD du 10 février à ce sujet...je vous laisse le lire si vous le trouvez, sinon je le ramènerais.
avatar
nibal01
Admin

Messages : 463
Date d'inscription : 24/10/2007
Age : 28
Localisation : IRTS Aquitaine-Talence

Voir le profil de l'utilisateur http://socialblog.skyrock.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  émilie lemay le Lun 11 Fév - 14:31

comment ??? et bien en refusant !! le CER de saint -eulalie près de bordeaux: aucun éduc spé que des éduc sportifs, les autres sont partis.

je pense, pour avoir bosser pas mal dessus... que les CER sont intéressants au niveau des alternatives à la prison mais c'est la manière dont ça se passe qui cloche : ce placement n'est pas considéré comme une sanction éducative et ne fait pas partie, réellement, du projet personnalisé de ces gamins...

tant que les choses se passent de la sorte, il est clair que nous n'y avons pas notre place. Les éduc ayant voulu travailler là-bas pour changer les choses se sont mordus les doigts... et en sont ressortis écoeurés...

nous devons effectivement défendre nos valeurs.

La représentativité que nous cherchons à acquérir va dans ce sens...

solidairement

émilie lemay

Messages : 349
Date d'inscription : 24/10/2007
Localisation : bergerac (24) aquitaine

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  nibal01 le Lun 11 Fév - 14:35

Qu'il soit bien clair que je ne veux pas défendre les EPM ni même les combattre mollement. Je suis totalement contre. Lorsqu'un médecin de l'EPM du Rhône dit "leurs souffrances physiques et mentales sont mieux prises en compte ici qu'à l'extérieur"...je suis moi même écoeuré. Tous les professionnels sont contents de ce système, sauf les éducs et les principaux intéressés...

Mais bon, la mode du grand frère, d'éducateurs sportifs, alimentés par la volonté de quelques tennisman français type Gasquet pour monter des centres pour ado en difficulté basé essentiellement sur la pratique sportive commence également à me poser question.
avatar
nibal01
Admin

Messages : 463
Date d'inscription : 24/10/2007
Age : 28
Localisation : IRTS Aquitaine-Talence

Voir le profil de l'utilisateur http://socialblog.skyrock.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  émilie lemay le Lun 11 Fév - 14:41

le système américain avec les militaires encadrants est déjà là ... et aucune intervention de notre part devant ces bâtiments ? le pire, c'est qu'il paraît que ça marche !! et oui, les gamins apprennent à dire merci à la non-émancipation... sinon... 200 pompes et on dit merci à celui qui a désobéit et qui se fait lyncher le soir dans son lit par ses "potes"...

solidairement

émilie lemay

Messages : 349
Date d'inscription : 24/10/2007
Localisation : bergerac (24) aquitaine

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  nibal01 le Lun 11 Fév - 14:44

1/5 des jeunes sortant des centres américains finissent délinquant, plus de la moitié finit à l'armée. C'est pas moi qui le dit c'est "Envoyé Spécial"...Effectivement, la culture de l'éducateur-militaire-sportif porte ses fruits.
avatar
nibal01
Admin

Messages : 463
Date d'inscription : 24/10/2007
Age : 28
Localisation : IRTS Aquitaine-Talence

Voir le profil de l'utilisateur http://socialblog.skyrock.com

Revenir en haut Aller en bas

Manifeste et signature : La place des enfants n’est pas en p

Message  Alexandre de WAURE le Lun 11 Fév - 19:44

Bonjour,

Pour information, un manifeste / appel à signature concernant les EPM est lancé depuis le 19 janvier 2008 :

Manifeste et signature : La place des enfants n’est pas en prison. Nous ne travaillerons pas en E.P.M. !

http://pays-de-la-loire.emancipation.fr/spip.php?article1#forum5

Alexandre de WAURE

Messages : 56
Date d'inscription : 17/11/2007
Localisation : Marseille

Voir le profil de l'utilisateur http://www.ones-fr.org/spip.php?rubrique12

Revenir en haut Aller en bas

Re: EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  nibal01 le Lun 18 Fév - 10:45

Ci dessous le communiqué d’appel en date du 8 février

Communiqué du SNPES PJJ/FSU,
Syndicat National des Personnels de l’Education et du Social

EPM : UN MONSTRE CARCERAL

Paris, le 8/02/2008

Parmi les 7 Etablissements Pénitentiaires pour mineurs prévus
par la loi, 5 ont été ouverts, à grand renfort de communication
médiatique et de banalisation de l’incarcération : comme l’ancien
Garde des Sceaux se plaisait à le proclamer, les EPM ne seraient que
"des salles de classe entourées de murs aux couleurs vives". Le
suicide d’un adolescent à l’EPM de Meyzieux est venu rappeler
dramatiquement aux idéologues et apprentis sorciers qu’une prison
resterait une prison avec son cortège de violence subie et de loi du
silence.
Malgré cela, les EPM sont présentés par le Ministère de la
Justice et la direction de la PJJ comme un modèle destiné à améliorer
les conditions de détention. Selon eux, cette amélioration n’était
pas possible dans les quartiers mineurs. Pourtant, ils en ont gardé
un grand nombre qui servent à trier les jeunes, en orientant les plus
difficiles en quartier mineurs et les autres en EPM, au nom d’un
choix assumé par la DPJJ d’afficher ces établissements comme des «
prisons éducatives ». En fait, il s’agit d’un alibi pour le Ministère
de la Justice qui peut faire peu de cas des conditions de détention.
Ainsi, l’administration pénitentiaire n’hésite pas à prévoir des
transferts de jeunes condamnés de la région de Marseille vers la
prison de Borgo en Corse, après avoir décrété qu’ils n’avaient pas
beaucoup de visites de leur famille. De même, en contradiction avec
les décrets sur la détention des mineurs, certaines unités d’EPM, «
des unités strictes », sont utilisées dans une logique disciplinaire,
à des fins d’isolement des jeunes jugés ingérables en collectif.
L’écart est immense entre une ambition proclamée et la réalité des
faits !
Depuis le début, le SNPES-PJJ dénonce l’alibi de l’amélioration
des conditions de détention et combat les EPM. Le programme d’EPM
particulièrement coûteux illustre les priorités d’une politique
répressive menée à l’égard des jeunes qui commettent des délits au
détriment de structures éducatives. Pour habiller cette politique, un
projet absurde et dangereux a été conçu : le binôme éducateur-
surveillant, des activités permanentes et obligatoires, une
organisation en groupe de jeunes qui se voudrait calquée sur celle
des foyers et qui oublie les murs de la prison. Aujourd’hui, cet
habillage éducatif vole en éclats. Les mineurs qui subissent
l’angoisse de la situation carcérale trouvent un exutoire à celle-ci
pendant les temps collectifs en s’engouffrant dans des rapports de
violence. La massivité de ces temps et le caractère obligatoire des
activités décuplent ces phénomènes de groupe. Ceux-ci sont amplifiés
par la prégnance du système disciplinaire carcéral qui ne permet ni
la parole libre, ni les espaces de négociation. La présence
d’éducateurs PJJ ne changera rien à cette affaire. C’est sur la base
de constats semblables que, dans le passé, de tels établissements ont
été définitivement fermés, que les éducateurs de la PJJ sont sortis
des prisons et que le suivi des mineurs incarcérés a été organisé de
l’extérieur. Plutôt que de s’engager dans cette voie, le directeur de
la PJJ persiste à défendre coûte que coûte les priorités
gouvernementales et renvoie l’explication de l’inacceptable au manque
d’expérience et de savoir faire des professionnels de l’EPM. Ce
décès ne peut être de la seule responsabilité de l’administration
pénitentiaire, il est aussi de la responsabilité de la direction de
la PJJ. La question de l’existence des EPM, de ce qui s’y fait et de
ce qui s’y passe, concerne aussi chaque professionnel de la PJJ. Au
moment où le rapport de la Défenseure des Enfants souligne l’absence
totale de prévention en matière de suicide des adolescents, il est
révoltant de voir attribuer autant de moyens à de nouvelles prisons
au détriment de toutes les mesures éducatives qui peuvent contribuer
à cette prévention.

Le SNPES-PJJ continue de dénoncer :
* le leurre d’une action éducative en prison alors que la
logique carcérale s’impose à toute autre logique comme viennent de
l’illustrer les deux évasions récentes de l’EPM de Marseille.
* l’imposture destinée à faire croire à l’opinion publique
que les EPM sont des lieux éducatifs privilégiés pour la réinsertion
des adolescents en difficulté.
* une politique répressive qui place l’incarcération au cœur
de la réponse aux passages à l’acte des adolescents.
* le véritable gâchis financier et humain que constituent
les EPM.

C’est pourquoi, il appelle à continuer la mobilisation contre
ces structures, à rejoindre les collectifs anti-EPM, les réseaux de
lutte contre les lois sécuritaires pour obtenir leur fermeture.
D’ores et déjà, le SNPES exige une audience auprès du directeur de la
PJJ.

Il appelle les personnels de la PJJ à participer à toutes les
mobilisations et en particulier :
* à la manifestation régionale, samedi 9 février 2008 à 15h30, de la
mairie de Meyzieu (69) à la prison pour mineurs.
* au rassemblement, samedi 16 février 2008 à 14 heures,
salle Kergomard à Limay Porcheville (78) où un 6ème EPM devrait
ouvrir en mars 2008.
avatar
nibal01
Admin

Messages : 463
Date d'inscription : 24/10/2007
Age : 28
Localisation : IRTS Aquitaine-Talence

Voir le profil de l'utilisateur http://socialblog.skyrock.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  émilie lemay le Sam 23 Fév - 21:37

Infos signataires Manifeste EPM du 18/02/08

Le site
Pays-de-la-Loire-Emancipation s’est enrichi de nouveaux
textes et de
nouvelles rubriques depuis notre dernière note d’info du
10
février.

La rubrique « Manifeste signatures & informations » se
décompose
maintenant en 4 sous-rubriques :

• Actualité (Revue de
presse)
• Actions anti EPM (textes, tracts, manif)
• Débats autour du
manifeste (comme son nom l’indique)
• Informations sur l’enfermement des
mineurs (plutôt des textes de
fond ou de synthèse)

N’hésitez pas à
nous faire parvenir vos infos, analyses, commentaires
pour alimenter le
sujet.

Le Manifeste est toujours à signer en ligne, et vous pouvez

télécharger une version du texte avec les signatures mises à jour au
15
février.

Un article « Son contre les EPM » vous permettra également de
trouver
différentes émissions de radio sur les EPM, dont celle d’Indymédia

Toulouse sur canal Sud du 11 février ou nous sommes intervenus.

Une
prochaine intervention radio autour du Manifeste est prévue sur
Radio
Libertaire (89.4 MHZ à Paris, cf ci-dessous pour écouter en
ligne) dans
l’émission du syndicat Santé Social et Fonction Publique
Territoriale de la
CNT le lundi 25 février à 19H30.

Nous souhaiterions publier sur le site
(et par courriel) un compte-
rendu du rassemblement-débat à Porcheville le
16 février. En avez
vous un ? Qui peut le faire ?

C’est tout pour
aujourd’hui, A bientôt !

Le GD 44

NB 1: En ligne également
d’autres rubriques : Contre base élève,
contre la biométrie à
l’école…
NB 2 : Pour écouter en ligne radio libertaire en ligne :

MP3
qualité ADSL : http://ecoutez.radio-libertaire.org:8080/radiolib.m3u
MP3
qualité modem : http://ecoutez.radio-libertaire.org:8080/radiolib-

modem.m3u
OGG qualité ADSL : http://ecoutez.radio-libertaire.org:8080/

radiolib.ogg.m3u
OGG qualité modem : http://ecoutez.radio-libertaire.org:8080/radiolib-

low.ogg.m3u



Groupe Départemental 44
Revue L'Emancipation
Syndicale & Pédagogique
Emancipation Tendance intersyndicale
c/o FSU -
8 place de la Gare de l'Etat
44276 Nantes cédex 2
emancipationgd44@no-log.org
http://www.emancipation.fr/emancipa/
http://pays-de-la-loire.emancipation.fr/

émilie lemay

Messages : 349
Date d'inscription : 24/10/2007
Localisation : bergerac (24) aquitaine

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  émilie lemay le Mar 4 Mar - 13:05

Infos aux signataires du Manifeste
« Nous ne travaillerons pas en EPM
»
du 3 mars 2008


Grâce à votre soutien, le Manifeste atteint les
446 signatures au 2
mars. C’est peu au regard du nombre de personnes
concernées et des
enjeux, mais beaucoup du fait de nos faibles forces, et
des
résistances qui s’expriment ici ou là quant à l’affirmation d’un

droit à l’insoumission éducative.
Il est vrai qu’il est plus facile pour
un enseignant, une enseignante
ou des personnels de santé, d’affirmer son
refus de travailler en EPM
que pour un éducateur ou une éducatrice PJJ qui
n’a pas toujours la
maîtrise de son affectation. Une attention particulière
donc pour les
camarades de la PJJ qui ont franchi ce pas en n’hésitant pas
à
affirmer leurs convictions. Et le nombre de personne en formation de

travailleur social qui rejoint la démarche les confortera
certainement
dans leurs choix.
Les congés scolaires ont un peu ralenti le rythme des
signatures.
Continuez la diffusion dans votre entourage.
Vous trouverez
le manifeste actualisé en pièce jointe. N’hésitez pas
à nous signaler des
erreurs dans les signatures ou les localisations.
Pensez également à nous
transmettre toutes les informations sur la
question de l’enfermement des
mineurs dont nous pourrions nous faire
l’écho, t particulièrement les
information sur le fonctionnement des
EPM.

Le site
Pays-de-la-Loire-Emancipation s’est enrichi de nouveaux textes

• Le
Manifeste actualisé à télécharger.
• Les deux derniers numéros du Perce
Muraille, bulletin sur et autour
des EPM publié par les SNPES-PJJ, dont on
vous conseille la lecture,
notamment le numéro 28 qui content un article
tout à fait intéressant
sur l’EPM de Lavaur vu de l’intérieur.
• Un
texte d’archive sur l’occupation du chantier de construction de
l’EPM
d’Orvault
• Un texte et une affiche contre la biométrie à l’école, dans le

cadre de la campagne qui se déroulera du 15 mars au 15 avril
• La « Une »
et le sommaire du numéro de février de notre revue
l’Emancipation syndicale
et pédagogique


A bientôt
Le GD 44

émilie lemay

Messages : 349
Date d'inscription : 24/10/2007
Localisation : bergerac (24) aquitaine

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: EPM: un garçon de 16 ans se pend ds sa cellule

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum