conte-rendu de la journée du 23/03/08 à Bordeaux ( 1e part.)

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conte-rendu de la journée du 23/03/08 à Bordeaux ( 1e part.)

Message  collectif EES lille le Mar 1 Avr - 21:36

Compte rendu de la journée inter-écoles à Bordeaux
29 mars


La journée inter-écoles (30 écoles) de Bordeaux s'est organisée autour de 4 ateliers :

- la précarité étudiante

- la réforme et revalorisation de nos diplômes

- la représentativité

- l'avenir de nos métiers



J'ai participé au dernier atelier voilà pourquoi je vais vous en faire un retour plus détaillé que sur les autres dont je n'ai eu qu'un compte rendu bref sur les points principaux.



Atelier "avenir de nos métiers : opérateurs ou militants?"



Les questions soulevées en introduction par les organisateurs de Bordeaux : quelle est l'utilité du travail social? Quelle évolution subit-il ces dernières années? Les travailleurs sociaux : petites unités (ME/ES/AS/etc…) ou grande famille? Les thèmes pouvant être abordés autour de ces problématiques : le secret professionnel, la convention 66, la validation d'acquis d'expérience (VAE), les établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM)…

L'atelier commence par un sondage : "qui est inquiet pour trouver du travail?" et "qui est inquiet au niveau de la pratique professionnelle?". A peu près ¼ de salle a levé la main pour la première question et toute la salle pour la seconde.

Finalement, le débat s'est centré autour de quatre thèmes : les nouvelles grilles d'évaluation, l'absence d'un code de déontologie de la profession, l'identité des travailleurs sociaux, et enfin l'attente que nous avons de nos formations.



- Les nouvelles méthodes d'évaluation du travail social :



La culture du résultat, la commande sociale actuelle semble inquiétante, la rentabilité, l'évaluation plus quantitative que quantitative pose problème. Est envisagée l'idée de la création d'un code déontologique qui mette à plat l'éthique de la profession pour éviter certaines dérives. Est évoqué l'exemple de l'AS de Belford qui s'est retrouvé 24h en garde à vue pour des informations non données! (secret professionnel partagé)

Une éducatrice de Marseille souligne qu'il est normal d'être évalué dans son travail, le problème étant de l'être par des gens qui ne sont pas eux-mêmes sur le terrain! Elle explique qu'elle essaie de contourner ces modes d'évaluation dans sa propre pratique en soumettant des propositions différentes d'évaluation. Finalement il y a beaucoup de cases ce qui permet la lisibilité pour la rentabilité mais par conséquent ce n'est plus du tout individualisé.

Un formateur de Bordeaux, questionné par un étudiant sur l'élaboration de la nouvelle réforme de la formation répond que celle-ci a été créée par les formateurs et les écoles en s'appuyant sur de nouvelles donnes notamment sur la notion de "compétence" qui est présente dans toutes les professions. Quelqu'un souligne que ce terme était utilisé quand même tout d'abord dans l'industrie et qu'il se répand peu à peu largement à l'ensemble des secteurs professionnels, social y compris…

Les risques de dérives de ces nouvelles méthodes d'évaluation peuvent être alors d'être tellement en quête de résultat qu'il faudra choisir des "usagers" qui seront susceptibles d'en apporter! Et le temps consacré à l'évaluation ainsi qu'à la recherche de budget (non négligeable dans beaucoup d'établissements) ne conduirait-il pas à passer de moins en moins de temps avec le public concerné?


- L'identité des travailleurs sociaux





A t'on besoin du travail social en France?

Etant donné qu'on ne nous donne pas les moyens pour travailler de façon efficace mais plutôt de façon rentable, on peut se poser la question : a t'on besoin de nous? Qui est-on dans la société? Quelle force peut-on être?

En ce moment avec la création des établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM), on peut constater qu'il y a des éducateurs qui y travaillent! Peut-on refuser d'y travailler? En a t'on les moyens? En quoi les travailleurs sociaux peuvent s'opposer à une loi votée par un gouvernement élu par voie démocratique?

Quand une loi passe, les travailleurs sociaux ne sont pas consultés, ils n'ont pas de représentativité, pas associations, syndicats, corporations ou très peu. Un étudiant de Montpellier souligne qu'il y a deux ans, au moment des émeutes, on a beaucoup entendu les psy, les sociologues intervenir à ce sujet lors des débats mais les travailleurs sociaux qui sont tous les jours avec les jeunes?

Quel est finalement notre rôle? Un dernier rempart avant que la cocotte minute n'explose? Avant les CRS? Un alibi du gouvernement?Des caches misères? Ou un accompagnement pour aider des gens à aller mieux, à tendre vers ce qui les anime? Quelqu'un a employé le mot de "médiation". Nous serions le lien entre l'un et l'autre : notre travail ne serait-il pas de recueillir la détresse d'individus et de la faire remonter en interpellant plus haut à ce sujet ( politiques etc…). Mais voilà cela est-il encore possible actuellement? Un étudiant toulousain nuance les propos en disant qu'il est tout de même prétentieux de dire que ça ne marcherait pas si "on" n'était pas, qu'on est la soupape de sécurité. Beaucoup de gens en grande exclusion vivent sans la présence des travailleurs sociaux. Il évoque les économies parallèles mais aussi les lieux autogérés non institutionnalisés qui accueillent des gens ne rentrant plus dans aucun dispositif.

Tout le monde évoque le fait que nous sommes très peu reconnus et entendus par la société en général qui sait peu par exemple ce qu'est le travail d'un ES ou AS ou ME etc…

En rebondissant sur ce point, certains posent la question de savoir s'il est vraiment nécessaire d'avoir des métiers distincts dans le travail social (ES, ME, AS, EJE…). Pourquoi ne pas imaginer une formation plus large comme en Espagne, nous serions tous travailleurs sociaux, sans distinction. Mais d'autres défendent l'idée qu'on perdrait quelque chose, qu'il est riche de croiser les compétences, les technicités. Dans la pratique, on peut avoir finalement les mêmes postes mais on y perdrait au niveau de la réflexion où chacun apporte des choses différentes. Et une seule personne est-elle capable de remplir toutes les compétences d'un AS, ES, EJE, ME (…), aucun n'a les mêmes apports aussi bien théoriques que pratiques. Quelqu'un souligne qu'il n'y a pas de cours prévu sur l'explication des différents métiers du social.

collectif EES lille

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